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L'eau, ressource du temps

L'eau ainsi est le regard de la terre, son appareil à regarder le temps. Paul Claudel.

L'eau est une ressource du temps, une fenêtre pour regarder l'histoire des civilisations, la mémoire des émotions et du corps.



Le chamanisme de l'eau aide à explorer les mémoires, le corps et les émotions autour du système digestif, notre cerveau émotionnel

L'eau, un lien historique

Immuable, indolore, incolore et sans saveur, l‘eau est un « ligamen », un lien selon l‘étymologie latine. Fonction essentielle du liquide transparent, l‘eau « reliante » (G. Bachelard) crée du lien entre deux dimensions : le temps et l‘espace. Liaisons heureuses et dangereuses entre les Hommes et les générations, l‘eau exerce un transfert symbolique essentiel à nos civilisations. Doué d‘un fort potentiel religieux, rituel ou encore, d‘attachement émotif, l‘eau est un élément intégré aux pratiques sociales qui font débats au sein de la sphère publique. Lieu culturel essentiel, la symbolique de l‘eau relie à une batterie de significations directement influencées par notre héritage socioculturel,


Enchaînement fluide aux courants irréguliers, ce flot constant et vital renvoie à des images d’ambivalence fondamentale. Duale, actrice à deux personnalités, Docteur Jekyll et Mister Hyde, l‘eau associe valeurs antithétiques tant dans la symbolique religieuse que dans l‘imaginaire issu des mythes et mythologies existants. Au fil de La Torah, La Bible ou encore du Coran, l‘eau peut avoir une valeur de protection divine ou au contraire, de châtiment. A travers l‘eau, Dieu protège ceux qui croient, elle est une bénédiction, un gage de l‘approbation de l‘Eternel. Elle est par exemple, identifiée à la pluie qui tombe et qui apporte la fécondité à la terre.


Cette protection se matérialise également par le puits comme dans le deuxième Livre de Samuel où une femme accueille deux messagers de David et les cache dans un puits (2ème Livre de Samuel, 18 20). Elément privilégié cité 63 fois dans Le Coran, l‘eau est l‘expression de la volonté d‘Allah (Sourate 22, 63 et Sourate 25, 54). Toute vie étant créée à partir de l‘eau, le liquide est considéré chez les musulmans, comme un bien précieux et recherché, à couler dans le paradis promis par Allah (Sourate 2, 25). Devenue redoutée, l‘eau est le châtiment d‘Allah (Sourate 52, 6-7 & Sourate 6,70).


Cette ambiguïté « dans tout Le Coran l‘eau est qualifiée de manière ambivalente. Elle est matar, la pluie au sens négatif de danger destructeur et chutes d‘eau violentes. Elle est aussi – selon la même racine ma - le bienfait céleste envoyé par Dieu. L'eau correspond également à la tempête qui se lève brutalement telle une fatalité valant à A. de Lamartine, sa célèbre complainte. Inconnue, douée d‘une force non contrôlée, l‘eau renvoie l‘Homme à ses limites. C‘est ainsi qu‘il cherche à la dompter à l‘image des fontaines, puits, collecteurs d‘eaux usées, etc.




Cette ambivalence confère à l‘eau toute sa fécondité. Lieu même de l‘oxymore, ce balancement perpétuel entre pur et impur, rêve et réalité, vie et mort, offre à l‘eau sa richesse symbolique. Elle devient le lieu de l‘inspiration insufflant à l‘Homme son énergie. Lieu épars et inépuisable, la projection dans l‘eau a une fonction psychologique forte, celle de renvoyer à l‘Homme sa propre image tel à Narcisse.


Pour G. Bachelard, cette image de l‘eau est porteuse d‘espoir car « en méditant sur sa beauté, Narcisse médite sur son avenir. » Cette analyse montre la fécondité du mythe de Narcisse, « pour l‘homme qui se mire et se cherche, l‘eau devient un véritable écho visuel. Là, se trouve une bifurcation fondamentale : on peut en rester à l‘égocentrisme ou entrer dans le monde. »




L’eau, facteur de civilisation

L'eau dicte les principes fondamentaux à l‘origine de la société collective à ordonner l‘habitat, la ville, le quotidien de l‘Homme. Dans les trois textes, l‘eau est « métaphore de l‘idéal de La Torah qui se répand » (HIDIROGLOU). Dans Le Coran, l‘eau est l‘attribut d‘Allah, celui depuis lequel il préside les Musulmans et ordonne sa Loi (sourate 11, 7). Dans La Bible, manifestation de la parole de Dieu, l‘eau coule comme les écrits de l‘Ancien Testament dans les épisodes du Deutéronome XXXII, 2 ; Amos 4, 12 ou encore, l‘épisode des tablettes de la Loi.


Aujourd‘hui encore, la Charia, loi qui régit les pays musulmans, désigne littéralement la loi de l‘eau, une nouvelle « preuve d‘une codification fort ancienne chez les Arabes » (LARBI BOUGUERRA). Symbole de civilisation, les exemples sont multiples. Rome, fondée par « un héros, non pas sauvé des eaux, mais sauvé par les eaux » (MALISSAR), a initié le génie de l‘eau avec aqueducs, thermes, fontaines.


Dans la civilisation égyptienne, le Nil est le fleuve sacré par excellence ; « pour les anciens Egyptiens, le Nil est Dieu » (LARBI BOUGUERRA). La gestion des crues du Nil est à l‘origine de la création de l‘Etat égyptien. Le Roi, garant de la gestion du fleuve, s‘assure ainsi l‘ordre social ; l‘Egypte est « le don du Nil ». Lieu d‘organisation, l‘eau est particulièrement centrale dans l‘architecture arabe, sa plus belle expression étant probablement l‘Alhambra de Grenade.





L‘eau s‘érige comme un bien commun au fondement de l‘organisation de la société pour lutter contre les effets néfastes des aléas météorologiques. Ugolin accusé d‘avoir détourné la source pour son profit personnel dans Manon des sources a court-circuité l‘organisation rationnelle de l‘eau au détriment de la communauté villageoise. L‘eau est placée au cœur de la société et des conflits. Pour y remédier, l‘eau est légiférée, « dans le Maghreb et en Andalousie, il existait un tribunal de l‘eau où les sages de la communauté villageoise arbitraient les conflits entre les utilisateurs. ». (GOUBERT.)


Source de conflits, elle a façonné le fonctionnement des administrations, des institutions humaines ou des modes de gestion de territoire. En tant que lieu de loi, elle est encore aujourd‘hui, l‘objet d‘une législation fine et complexe. Enjeu mondial actuel, la législation internationale est à ses débuts soulignant combien l‘organisation de la société civile internationale n‘est pas encore réalisée…


Pour cause, le droit à l‘eau a été défini en 2002 et voté le 28 juillet 2010. Non réglée malgré la création de différents organismes internationaux, la question de l‘eau reste encore aujourd'hui, un enjeu géopolitique connu et pourtant, bien souvent, rendu invisible.



Matavai, une des cartes de l'Oracle de Vaiana


L'eau, rite sacré 

L’eau est un rite, un élément de purification essentiel aux pratiques culturelles et religieuses. L‘absence de couleur, d‘odeur, de toucher fait de l‘eau un liquide intact, celui qui offre le symbole d‘une idée supérieure, d‘une perfection vierge, d‘un objet sans corps étranger. Le mythe de la pureté d‘une substance chimique sans souillure est une conviction intimement liée aux valeurs religieuses et morales.


Dans la religion musulmane, le lavage rituel est obligatoire avant de prier. Il se divise en trois catégories, les grandes ablutions ou lotion (Al Ghusl), les petites ablutions (Al Wudu) et la lustration (Al Tayammum). Ces ablutions sont prescrites dans la sourate Al Ma-Idah (Sourate 5,6). Ce rite distingue les êtres purs des êtres impurs. Plus qu‘un pouvoir distinctif du sacré et du profane, l‘eau restaure le lien perdu par la souillure ou le pêché. Ces pratiques se retrouvent dans la religion juive.


Plusieurs rites de purification accompagnent la vie d‘un juif comme le Miqvé, celui de la purification de la personne décédée avant son enterrement, la Bar Mistvah précédée par un bain, la fête du Kippour. Le rituel est particulièrement essentiel pour la femme réglée ou accouchée. Dans Le Coran (Sourate 2, 222) et dans la religion juive (Lévitique XV, 19), le sang mensuel est un mal qui rend la femme impure. A travers sa vertu de renouveau, l‘eau offre à l‘Homme de tendre vers l‘Idéal de Dieu.




« Pour moi, le temple était la fontaine, et boire était la prière, l‘accès direct au sacré. »

Petite fille, A. Nothomb a un réflexe commun aux Hommes : considérer l‘eau comme un acte religieux. Les mythes à travers les exemples de la légende du Styx, les pratiques de l‘eau lustrale et les fontaines aux Temps médiévaux pouvant traiter la surdité ou contre la cécité (GRITTI,). Le caractère du rite prend, à travers ces exemples, toute sa valeur encore retrouvée dans les centres de thalassothérapie véhiculant « une notion fondamentale : celle de pureté.» (ROUX).


Les significations religieuses ou les croyances populaires et mythologiques de l‘eau des rites sont innombrables, elles ont toutes en commun de rendre l‘Homme nouveau. L‘eau matérialise le lien que projette l‘Homme sur elle et devient force d‘une vie nouvelle, rachetée ou lavée. Cette batterie de significations transforme l‘Homme dans sa relation au sacré et profane. 


L’eau est un lieu de transmission des valeurs traditionnelles. Que ce soit dans La Bible, La Torah ou Le Coran, des « lieux significations » sont récurrents, c‘est-à-dire, des lieux où le même type de scène se déroule. Ces derniers véhiculent une valeur sociale de transmission forte. Dans La Torah et La Bible, le puits est lieu de la rencontre. Derrière la rencontre qui s‘y produit, deux valeurs essentielles sont transmises, celle du mariage et celle de la charité. Rebecca, Séphora et Rachel rencontrent leurs maris près d‘un puits, symbole de protection divine et préservation des valeurs familiales.



La source de Zeinab, conte extrait de Raconte-moi l'eau, disponible à la lecture dans la section Jolies histoires


Cela rappelle la répartition des tâches sous-entendue par les trois textes saints ; tâche féminine, le puits est associé à la femme plus particulièrement dans La Bible et La Torah. D‘autres lieux symbolisent le lien de transmission comme le fleuve. Dans la Genèse, le jardin d‘Eden est entouré d‘un fleuve qui se divise en quatre bras. S‘y baigner pour Adam est un moyen de se faire pardonner d'avoir pêché.


Dans Le Nouveau Testament, Jésus se fait baptiser dans le Jourdain. L‘acte du Baptême est le retour à l‘état originel de l‘Homme avant qu‘il n‘ait pêché. Le fleuve véhicule dans La Bible, une valeur du pardon qui se traduit dans le profane, par une forte portée symbolique des fleuves dans les différentes civilisations. Les lieux profanes, ceux que l‘Homme érige, deviennent des vecteurs de transmission en tant que « l‘eau a toujours mis en jeu l‘ensemble de la collectivité » (GRITTI).


L’eau est symbole de fécondité. Indispensable à notre corps, cet élément recouvre 70% de la superficie de notre planète ; elle est créatrice et à l‘origine de la vie. « Pour les Anciens Egyptiens, la source de toute vie, qu‘elle soit humaine ou divine est la masse d‘Eau primitive qu‘ils personnifiaient sous le nom de Nu et qui est à l‘origine des deux fleuves sacrés : le Nil qui donnait la vie et le ciel qui flottait sur le bateau de Râ. »


Fleuve et ciel, l‘Eau primitive des Egyptiens est l‘union des cieux et de l‘eau. L‘ère du renouveau, consacrait le début de la crue du Nil. Cette évocation de la fécondité est présente dans la mythologie grecque à travers Téthys qui symbolise la fécondité et renvoie au liquide amniotique où naît la vie. Tout autant, l‘eau est aussi celle d‘Okéanos, le couple représentant l‘alliance pour la vie et rappelant que l‘eau est masculine. L‘eau est un mouvement global qui entoure et unit tous les êtres. Masculine comme féminine, les symboliques de l‘une eau sont positives et participent à la mémoire de l'eau.


L'eau, mémoire émotionnelle

La mémoire de l’eau postule que l’eau, cette molécule magique, ce liquide amiotique, cette ressource vitale, garde les informations. Elle stocke les données. Elle se souvient des épisodes de sa vie et par extension, de l’Humanité. Notre Planète Bleue composée à 70% d’eau repose en partie sur l’existence du réseau d’informations constitué par l’eau. Notre corps fonctionne grâce à cette eau qui forme notre être et notre identité. Explorer les mémoires de l’eau permet de se relier à son identité d’être. Nous percevons notre être connecté et interconnecté à l’inconscient collectif et à la trame universelle.



O vaie oe? Une des cartes de l'Oracle du Mana


En Polynésie, la question o vai oe ? signifie « qui es-tu ? » dans le langage commun ou « comment t’appelles-tu ? » Littéralement, elle se traduirait par « Quelle est votre eau ? » Cette question est une clé de guérison… Quelle est mon eau ? En méditant et réfléchissant sur cette énigme, les cycles des eaux révèlent les mémoires de l’eau. Les différents états de l’eau illustrent des émotions, des perceptions et des valeurs.


Ce processus forme une « eau émotionnelle », un outil qui permet de regarder le temps, les expériences et la conscience d’être. En arrière-plan de cette exploration, la Polynésie avec ses eaux turquoise, cascades enchanteresses, sources verdoyantes, bains princiers, douches luxuriantes. Cette eau fait miroir à l'eau du monde, l'eau, notre mémoire universelle. Tout à sur notre Terre nous amène à l’eau.


Originelle, jaillissante, rafraîchissante, l’eau de Tahiti est unique. Elle porte une énergie de guérison, une énergie spirituelle et libératrice... Elle véhicule l'énergie universelle que nous partageons (Qi, Pneuma, Mana, etc.) A travers onze étapes, les secrets de l’eau émotionnelle se dévoilent. Ces onze passages suivent le chemin de la guérison, de la communication et de la conscience intuitive… La douzième quant à elle, est notre libre arbitre. Ensemble, les mémoires de l’eau et ses douze étapes initiatiques dévoilent les liens entre le corps, les émotions et les mémoires de l’eau.


Explorer les mémoires de l'eau aide à se connecter au temps, au présent, à prendre le temps de l'amour et d'eau fraîche.

Pour aller plus loin

L'Oracle de Vaiana

Cet oracle présente 44 cartes qui vous transmettent la force mystique et sacrée de l’eau.


Le chamanisme de l'eau.

Ce livre est une invitation à voyager dans nos mémoires… à cheminer au cœur de soi-même.


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